Le vice-champion olympique de Tir à l’Arc de Rio, Jean-Charles Valladont vient d’adhérer au CNB

Lors du salon de la chasse et de la faune sauvage de Mantes la Jolie, nos amis Bruno Ilhuelou et Gilles Tranquet ont enregistré son adhésion.

C’est avec beaucoup de plaisir que nous avons appris cette nouvelle. Le 12 août 2016 le champion d’Europe en titre a réussi à monter sur le podium olympique et a obtenu une médaille d’argent.

Il a eu la gentillesse de répondre à quelques questions de Jean-Marc Desbieys pour mieux se faire connaître de tous les membres du CNB.

Cette médaille d’argent aux Jeux Olympiques est un aboutissement, mais cette vie de champion n’est-elle pas trop difficile à vivre ?

Non ! Même si ma vie sportive a beaucoup changé, je fais du tir à l’arc, pas du foot, je ne suis pas devenu une star médiatique. Je suis passé à une notoriété publique seulement dans le monde du tir à l’arc.

Tu t’entraînes à l’INSEP situé dans le bois de Vincennes. Peux-tu mener de front chasse et tir à l’arc ?

J’ai toujours mis l’accent sur mes passions, c’est ce qui m’a apporté la réussite au tir à l’arc. Concilier les week-ends de chasse, de pêche et le tir à l’arc m’a donné un certain équilibre entre le sport, la vie de sportif de haut niveau, et mes passions. Sans ça, je n’en serais pas arrivé là aujourd’hui.

Tu viens d’adhérer au CNB. Tu es chasseur, parle-moi de cette passion, de tes chasses. Parle-moi de ta chasse à la bécasse.

J’aime la chasse. Je suis un épicurien. J’ai appris la chasse essentiellement au début avec mon père qui est un bécassier. J’ai découvert ça avec ses setters anglais (au début une chienne, maintenant un chien). J’allais aussi beaucoup à la grive avec mon grandpère. J’avais interdiction d’aller en battue à cause de l’utilisation des balles. J’ai donc fait mes premières armes sur du gibier à plumes. Puis je suis entré dans le monde du sport de haut niveau, 1 an au pôle de Dijon, après 1 an au pôle de Nancy, puis je suis monté à Paris à l’INSEP. J’y suis depuis 11 ans. Là je me suis dit que c’était compliqué de redescendre en Franche Comté tous les weekends donc j’ai passé mon permis de chasser à Paris et j’ai trouvé des amis qui m’ont fait découvrir des chasses un peu différentes. J’ai commencé par être rabatteur dans de grosses chasses commerciales. Ce n’était pas très ludique pour moi mais ça m’a permis de voir ce que j’aime et ce que je n’aime pas. J’ai pris la décision d’aller à la chasse pour les choses que j’aime. Je rentrais de temps en temps en Franche Comté pour aller à la chasse à la bécasse et j’ai adhéré à une association d’une trentaine d’actionnaires où on chasse 1 fois par mois le gros gibier sur des territoires situés à une centaine de kilomètres de Paris. Je suis souvent traqueur car j’aime bien marcher. Etre au poste une journée pour attendre un sanglier n’est pas passionnant. A force de lever des gibiers à plume en traquant ça m’a donné le goût de chasser avec un chien. J’ai toujours eu envie d’avoir un chien mais je n’en avais pas l’occasion avec le sport de haut niveau. C’était compliqué. Maintenant que je suis en couple et que j’ai trouvé une maison près de Paris c’est plus simple. J’ai un épagneul picard femelle, elle s’appelle Nockset (le nom de la bague qui sert de repère d’encochage sur la corde de l’arc). Elle a 1 an et demi. J’avais envie de prendre un drahthaar mais ma copine préférait une chienne qui soit aussi de compagnie, qu’on puisse sortir le week-end en région parisienne. J’adore la chasse à la bécasse mais c’est compliqué quand on habite près de Paris d’y aller une demi-journée de temps en temps. J’aime aussi la chasse à l’arc. Je tire à l’arc 50% de mon temps. Je suis administrateur à la FFCA (Fédération Française des Chasseurs à l’Arc). Chasser le gros gibier à l’arc ça n’a rien à voir. Je ne vous cache pas que j’ai l’ambition un jour d’aller à la chasse à la bécasse à l’arc. C’est compliqué, les gens vont dire « Il se prend pour qui ?» mais peu m’importe. Quand j’aurai le temps d’aller à la chasse et que je ferai 50 à 80 levées à l’année, au lieu de m’amuser avec mon 28, j’aurai un arc et j’essaierai de lancer une flèche sur une bécasse qui décolle à l’arrêt de mon chien.

Tokyo 2020 approche, quelles sont tes attentes, tes espoirs ?

Il faut déjà se qualifier, il faut que la France obtienne des places. Ça va se jouer l’année prochaine sur les championnats du monde. Ce qui me plairait vraiment, bien sûr, c’est de remonter sur le podium. Ça n’est jamais arrivé en tir à l’arc. Mais surtout j’aimerais monter sur le podium par équipes. J’ai toujours été un mec d’équipe, partager une victoire c’est complétement différent d’une victoire individuelle. Monter sur un podium avec des potes, avec qui on a travaillé, avec qui on a trimé voilà mon objectif.

Si tu gagnes cette médaille d’or j’espère que tu viendras la montrer aux membres du CNB lors du congrès qui suivra.

L’an dernier j’ai été honoré au Salon de Rambouillet. Cette année j’y étais avec France Archerie pour qui je travaille. Je suis passé devant le stand du CNB et j’ai adhéré. J’apprécie et j’admire le milieu associatif. De plus votre revue va me permettre d’apprendre des choses. Mais je ne serai pas l’épicurien du CNB. J’adhère aux associations mais j’aime plusieurs chasses, je vais tirer avec une carabine le sanglier à l’affut, je vais à la bécasse au chien d’arrêt, au lièvre à l’arc en chaudron… ce que j’aime en général c’est la chasse.

Merci Jean-Charles Valladont.

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