Edito Mordorée – Janvier 2020

Le 1er janvier 2020 verra la naissance de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), issu de la fusion de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage et de l’Agence Française de la Biodiversité.

Avec la création de ce nouvel établissement public, la gestion adaptative des espèces sera de rigueur. Elle est mise en place pour certaines d’entre elles, avec des quotas de prélèvement imposés, mais la bécasse ne fait pas encore partie de la liste.


Quoiqu’il en soit, notre mordorée se trouve déjà en gestion adaptative puisqu’elle est soumise à un Prélèvement Maximum Autorisé. Son statut changera t-il ? Passerons-nous d’un quota individuel à un quota collectif, à l’instar de la tourterelle des bois par exemple, dont le prélèvement imposé cette année était de 18 000 oiseaux pour l’ensemble de la France ?

Si nous analysons objectivement la situation, rien ne pourrait justifier un tel changement. La bécasse est une espèce à part, dans le monde des migrateurs. A l’automne, son voyage est très étroitement lié aux conditions météorologiques. Aujourd’hui, les tènements sont inoccupés, demain, avec des conditions favorables, dans les mêmes biotopes, elle sera présente en nombre.
Dans ce cas, le quota individuel (PMA) avec déclinaisons journalières et hebdomadaires (mises en place dans une majorité de départements), permet de modérer les ardeurs de certains fusillots, attirés par l’aubaine. Le passage à un quota collectif favoriserait la perpétuation des massacres possibles autrefois. Si le législateur s’aventurait sur ce chemin, nous retournerions dans les errements du passé, loin des principes mêmes de la gestion adaptative.

Demain, le comité d’experts de l’OFB devra conseiller le ministère pour la fixation des prélèvements. Pierre Dubreuil, futur directeur de cet établissement public, souhaite que les scientifiques de ce comité soient totalement indépendants et que seule la rigueur intellectuelle prévale à la prise de décisions.

Malgré toutes ces louables intentions, il faut rester prudent. La montée au premier plan des végans, des antispécistes, et la chasse bashing peuvent troubler ces belles dispositions. La ou le ministre, poussé par une opinion publique en opposition avec le monde cynégétique, après des calculs purement politiciens, pourrait être tenté de prendre des décisions allant contre la vérité scientifique.

2020 sera une année charnière dans l’histoire de la chasse française. Dans la mise en place de la réforme dont les décrets d’application sortent en ce moment, dans ce bouleversement, y serons-nous gagnants ou perdants ? Seul l’avenir nous le dira !

Quoiqu’il en soit, le Club National des Bécassiers continuera ses études, poursuivra son travail, et il comptera sur vous, ses membres, pour abonder les bases de données. C’est la responsabilité de chacun d’entre nous. Saisir ses sorties sur Béc@notes, apporter ses ailes à nos lecteurs devraient devenir un automatisme. Nous en avons besoin pour connaître l’état des populations bécassières.

Rien ne sert de travailler seul, nous devons nous ouvrir au monde scientifique, nous devons prendre toute la place qui est la nôtre quand des décisions viendront en discussion sur l’avenir de la Bécasse des bois.

N’oublions jamais que nous travaillons pour l’avenir. Nous devons toujours être prêts à anticiper sur les évènements.
Je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous une excellente année 2020.

 

Bruno Meunier